Sans avoir une aire de répartition aussi localisée que
ces dernières, d'autres espèces végétales
du Parc national n'en présentent pas moins un intérêt
particulier, que ce soit par leur vulnérabilité, ou par
l'originalité de leur biologie.
Parmi les espèces
marines, par exemple, citons le lithophyllum (Lithophyllum tortuosum),
algue calcaire qui vit au-dessus du niveau de la mer, c'est à
dire dans la zone de déferlement des vagues. Localement, elle
peut édifier des encorbellements capables d'atteindre jusqu'à
deux mètres de large, connus sous le nom de «trottoirs».
Les très rares encorbellements de grande taille existant encore
en Méditerranée, sont situés dans les Pyrénées-Orientales,
près de Marseille, dans les Alpes-Maritimes, en Corse et à
Port-Cros. Sur cette île, ils occupent un linéaire côtier
d'environ 1km, concentré essentiellement autour de l'îlot
de la Gabinière, des pointes du Vaisseau, de la Croix, du Tuf
et de la Galère. Ces formations à lithophyllum, dont l'édification
a demandé plusieurs siècles, sont très vulnérables
aux pollutions de surface, se comportant comme des éponges absorbant
les pollutions. En outre, ces encorbellements jugés par l'homme
comme des zones pratiques de débarquement pour petites embarcations
sont particulièrement exposés au piétinement. Là
encore, leur destruction étant irréversible à l'échelle
humaine, il est urgent de les protéger.