Atlas du Parc National de Port-Cros

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  Atlas du Parc National de Port-Cros - Page 36

10. Flore

Les espèces végétales remarquables

Les îles de la Méditerranée sont des terres d'asile, en particulier pour les plantes du Tertiaire qui ont pu s'y réfugier et se mettre à l'abri des invasions végétales liées aux fluctuations climatiques du Pléistocène. Les îles abritent aujourd'hui encore, de nombreuses espèces relictuelles. Si de petites îles méditerranéennes comme Port-Cros hébergent une flore relativement peu diversifiée et plus pauvre que celle du continent (la faible superficie des territoires offrant peu de milieux différents), en revanche elles partagent souvent avec d'autres îlots, un contingent d'espèces qui en sont exclusives et qui trouvent là leur ultime refuge. Ces plantes dites endémiques, sont particulièrement menacées et figurent souvent sur des listes européennes ou nationales en tant qu'espèces exigeant une protection prioritaire.

Ainsi, de nombreuses espèces rencontrées sur les îles d'Hyères, n'existent qu'en Méditerranée. C'est le cas d'une plante marine : la posidonie (Posidonia oceanica) dont les herbiers sont d'extraordinaires oasis de vie. Mais ils sont vulnérables, sensibles à la pollution comme aux aménagements portuaires, aux endigages et à l'action mécanique des ancres ou des engins de pêche traînants. En outre, leur vitesse de croissance étant très lente, leur régression est irréversible à l'échelle humaine.

Parmi les espèces terrestres, plusieurs sont à citer : L'orobanche sanguine (Orobanche sanguinea) qui parasite des plantes appartenant au genre Lotus, et qui est parfaitement adaptée aux situations de micro-insularité. C'est ainsi qu'en France, elle ne se rencontre qu'en Corse et dans le Var, dont Port-Cros. En Méditerranée, on la retrouve notamment en Grèce.

Plusieurs autres espèces, croissant dans l'archipel hyèrois, sont des endémiques de Méditerranée occidentale. C'est le cas de la barbe de Jupiter (Anthyllis barba-jovis), plante héliophile que l’on rencontre sur les îles d'Hyères et en quelques rares stations de la côte rocheuse varoise, dont le Cap Lardier et dans les Alpes-Maritimes, en Corse et en Languedoc. Son extension est limitée par la densité du taillis de chêne vert. Elle est également menacée par la concurrence interspécifique comme par les perturbations dues à la fréquentation des sentiers littoraux. Le Var abrite aujourd'hui les populations les plus nombreuses de France.

L'herbe aux chats (Teucrium marum), de plus petite taille et qui est un peu le fleuron du sentier botanique de Port-Cros est en régression dans cette île du fait de la fermeture du milieu. Aux yeux du profane, elle ressemble au thym mais avec une odeur plus forte qui «exerce une telle attraction sur les chats qu'ils [la] détruisent en se roulant dessus dans une sorte d'ivresse» (JAHANDIEZ, 1929).

Le genêt à feuilles de lin (Genista linifolia), autre espèce héliophile, atteint dans le Var sa limite nord-orientale de répartition. Sur l'île de Porquerolles, ses populations qui se sont bien développées, font l'objet d'un plan de gestion . À Port-Cros, quelques populations existent aussi mais en très petit nombre.

Le gaillet nain (Galium minutulum) est une autre espèce menacée, passant souvent inaperçue en raison de sa taille. L'archipel hyèrois abrite vraisemblablement les populations les plus nombreuses de France. C'est d'ailleurs à partir d'échantillons provenant de l'île de Porquerolles que cette espèce a été décrite pour la première fois en 1845 (F.MEDAIL, 1996).

L'asphodèle de Chambeiron (Asphodelus chambeironii) est une endémique de la région hyèroise et de la Corse. Elle possède des caractères propres à deux autres espèces d'asphodèles provençales dont elle serait probablement un hybride.

Une sous-espèce rare de la nivéole d'été (Leucojum aestivum subsp. pulchellum), n'est représentée en France que par quelques populations corses et varoises dont une station se trouve sur l'île de Porquerolles.

Parmi les endémiques, il en est qui le sont strictement aux îles d'Hyères. C'est le cas de la dauphinelle de Requien (Delphinium requienii) uniquement localisée à Porquerolles, mais aussi de la romulée de Florent (Romulea florentii), récemment décrite (MORET et al., 1997). Cette romulée serait assez proche des romulées du groupe corso-sarde, en particulier de la romulée de Requien (Romulea requienii). Il s'agit là d'un indice supplémentaire attestant de l'existence ancienne d'un massif protoligure qui, jadis, unissait le massif des Maures aux îles d'Hyères, à la Corse et à la Sardaigne. La romulée de Florent est représentée à Port-Cros par un effectif de quelques centaines de pieds (F.MEDAIL, 1997).


Voir Aussi ...

         La végétation de Porquerolles
         L'orobanche sanguine
         Barbe de Jupiter
         L'herbe aux chats
         Le genêt à feuilles de lin
         Le Gaillet nain
         L'asphodèle
         La nivéole
         La dauphinelle, la romulée de Florent
         Sites d'importances communautaires, directive habitat
         Conservation des plantes sauvages
         Milieux marins, herbier de posidonie, poissons
         Aire de répartition de la barbe de Jupiter (Anthyllis barba-jovis)
         Aire de répartition du Gaillet nain (Galium minitulum)
         Aire de répartition de la posidonie (Posidonia oceanica)
         Aire de répartition de la romulée de Florent (Romulea florentii)
         Aire de répartition de lithophyllum (Lithophyllum tortuosum)
         Aire de répartition de la dauphinelle de Requien (Delphinium requienii)


Liens ...

         Institut océanographique Paul Ricard

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