Une des caractéristiques de la dynamique locale est la rapidité
de la sylvogénèse dans les Alpes-Maritimes, en relation avec
les abandons ou transformations d'usages :
- les études diachroniques récentes ont montré que, dans
les Alpes-maritimes, les groupements considérés comme potentiels
il y a 20-30 ans, se sont aujourd'hui réalisés avec parfois
des substitutions d'essences (remplacement d'une partie des pinèdes
de pin sylvestre et des peuplements de mélèze par le sapin,
l'épicéa et le pin cembro);
- une bonne partie des forêts fruitières, comme les châtaigneraies,
et les forêts parcourues, comme les mélézeins, sont en
abandon d'usage et, de ce fait, en pleine dynamique progressive;
- enfin beaucoup de systèmes pré-forestiers sont très
jeunes, résultant d'une colonisation plus ou moins rapide de parcelles
d'anciennes cultures ou bien de parcours soit abandonnés, soit dont
l'usage (pâture des bovins vers l'inalpage des ovins) est profondément
modifié.
Les choix du gestionnaire devront tenir compte des tendances les plus importantes
:
- le développement de l'ostrya et du chêne pubescent dans l'étage
méditerranéen;
- le développement du sapin et de l'épicéa à l'étage
montagnard et dans une partie du subalpin, aux dépens des mélèzeins;
-le développement du pin cembro dans la partie haute du subalpin.
Sur l'espace du Mercantour, qui s'étend du Méditerranéen
à l'Alpin et où se retrouvent toutes les variantes occidentales
et orientales ainsi que tout l'éventail des situations édaphiques,
on dénombre 30 séries et 9 sous-séries recouvrant 193
types de peuplements végétaux.