4. Hydrographie
et bassins versants
Le réseau hydrographique du Parc national est composé de 4 grands
ensembles : la Roya-Bévéra à l'est, le Var et ses affluents
(Cians, Tinée et Vésubie) au coeur du massif, le Verdon à
l'ouest, et enfin l'Ubaye au nord. Chacun de ces systèmes est lui-même
constitué de multiples bassins versants, dont la plupart sont orientés
nord-sud, vers la Méditerranée.
Le Var, situé en lisière sud du Parc national, est la plus
importante rivière des Alpes-Maritimes, drainant la majorité
des bassins versants. Son principal affluent est la Tinée, dont les
deux-tiers du cours s'inscrivent en zone centrale et périphérique
du Parc. Elle prend sa source à 2652m d'altitude, sur le versant sud-est
de la cime de la Bonette, avant de drainer ensuite les eaux issues du massif
du Ténibre (3031m) à l'est, et des massifs de Pal (2818 m) et
du Mounier (2817m) à l'ouest. Le vallon de Mollières, plus en
aval, est le plus grand bassin versant situé dans une zone centrale
de Parc national (69km2).
Des torrents tumultueux
Localisés essentiellement en haute-montagne, les torrents du massif
prennent généralement leur source à plus de 2000m d'altitude,
et leur pente varie de 8 à 20%. Ils sont soumis à un «régime
nival de transition», caractérisé par une saison de hautes-eaux,
lors de la fonte des neiges, et des maximums secondaires dus aux pluies. La
montée printanière des eaux débute souvent fin avril,
c'est à dire plus précocement que dans les Alpes du Nord, en
raison de la plus faible altitude du massif et de son exposition au sud. Cette
phase est suivie d'un étiage estival accentué, du fait de la
rareté des résidus neigeux, de la faible pluviométrie
et de l'absence de glaciers alimentant les torrents. Puis, les violentes pluies
automnales entraînent un maximum secondaire, avec des crues importantes.
Enfin, l'étiage hivernal est très marqué dans les hauts
bassins, où l'essentiel des précipitations se fait sous forme
neigeuse.
Les crues des torrents et rivières du massif sont souvent d'une rapidité
et d'une ampleur déconcertantes. Le débit maximum du Var (3400
m3/s en novembre 1994), par exemple, est au moins 200 fois plus important
que son minimum (15m3/s). L'érosion due aux cours d'eau a sculpté
dans le Mercantour un relief violent, fait de fortes pentes et de gorges pittoresques.
Tous les torrents du massif ont des actions dévastatrices, mais les
plus redoutables d'entre eux coulent sur les versants marneux du Haut-Var
(Bourdous, Tuébi); les marnes noires arrachées dans ce secteur
viennent notamment colmater le lit du Var dans sa partie terminale.
Les précipitations provenant surtout de l'est, c'est dans la vallée
de la Vésubie que l'on relève les «débits spécifiques»
(c'est à dire rapportés à la surface des bassins versants)
les plus élevés. Le torrent du Boréon par exemple, prenant
sa source à 2200m d'altitude et dont le bassin versant est situé
à une altitude moyenne supérieure à 2000m, présente
un débit spécifique remarquablement élevé de 68l/s/km2.
Cette valeur est moins élevée (de l'ordre de 45l/s/km2) plus
à l'ouest, dans le haut bassin de la Tinée.
L'influence des aménagements hydroélectriques
Pour subvenir aux besoins énergétiques des agglomérations
littorales, de nombreuses retenues ont été aménagées.
Soutenant le débit des rivières en aval, elles permettent de
turbiner même en période de faible débit. Ainsi, du fait
des installations hydroélectriques, la Bieugne, affluent de la Roya
et exutoire naturel de plusieurs lacs, présente à longueur d'année
un débit insignifiant. Les bassins de la Vésubie et de la Tinée,
sont également marqués par ces travaux (vannes de fond sur les
lacs, galeries souterraine pouvant passer d'une vallée sur l'autre),
même dans leur partie amont. Ce n'est que dans l'extrême ouest
du Parc (Haut-Var, Haut-Verdon et Bachelard) que l'on rencontre des débits
plus naturels.
Une richesse exceptionnelle en lacs d'altitude
Le réseau hydrographique du Parc national du Mercantour est aussi
caractérisé par un nombre remarquable de lacs et de plans d'eau:
on en dénombre 217 sur l'ensemble des zones centrale et périphérique.
Les deux-tiers d'entre eux ont une faible surface, inférieure à
1ha, mais 8 font plus de 10ha. Considéré comme le plus grand
lac de haute montagne dans les Alpes, le lac d'Allos couvre 54 ha et atteint
une profondeur de 48 m.