18. La pêche
Il convient de préciser que la Guadeloupe ne disposant pas de système de suivi statistique dans la filière pêche, certaines données (espèces cibles, quantités pêchées…) restent approximatives. Soulignons également que l’activité est pratiquée par un nombre important de pêcheurs clandestins. Une grande partie des informations est par conséquent indisponible.
Les marins et leurs navires
En 2001, sur le territoire guadeloupéen, le nombre de marins professionnels inscrits au registre des Affaires Maritimes est de 1206. Ce nombre atteignait 1433 en 1990. Ce recul est difficile à analyser étant donné la fluctuation de la population maritime et la saisonnalité de l’activité. En outre, à cette population officielle s’ajoute environ 1200 pêcheurs clandestins dont l’effectif est donc aussi important que celui de marins professionnels déclarés.
En 2001, la flotte guadeloupéenne est formée de 2249 embarcations parmi lesquelles on dénombre : 735 canots de 5 à 9 mètres armés à la petite pêche (24 heures maximum d’absence au port), 8 navires de 9 à 12 mètres pratiquant la pêche côtière (24 à 96 heures d’absence), 1 navire de plus de 12 mètres dit «navire de pêche au large» prévu pour des marées d’au moins 96 heures.
En 2001, sur un total de 2249 navires, 1455 n’étaient pas armés pour la pêche. Il est certain qu’une partie de ces embarcations pratique occasionnellement ou en permanence une pêche clandestine.
Les techniques de pêche
Les techniques de pêche utilisées demeurent artisanales. La plus répandue, la prise par casier (ou nasse) s’effectue de 1 à 25 milles nautiques (de 1,8 à 45 km) de la côte. Elle concerne le poisson benthique. La pêche au filet (ou senne), s’opérant autour des côtes, est destinée à pêcher les petits pélagiques (thazard, balaou) et autres espèces (colas, carangue). La pêche à la ligne (ou traîne) permet la prise de poissons pélagiques migrateurs. La palangre, grosse ligne de fond à laquelle pendent sur toute sa longueur des hameçons, est utilisée pour toutes les espèces, notamment pour le vivaneau et l’œil-de-boeuf. Un autre système, datant des années 1980, a fait son apparition : le Dispositif de Concentration de Poisson (DCP) principalement pour les gros pélagiques (thon). Il consiste en la création d’une chaîne alimentaire autour d’une épave mouillée en mer à un endroit déterminé.
L’effort de pêche effectué sur le plateau continental restreint de la Guadeloupe est assez conséquent : 30000 à 36000 casiers, soit une densité d’environ 23 casiers au km2 et 175000 mètres de filet (tous filets confondus) pour une densité de 130 mètres au km2. En 2001, 9300 tonnes de poissons (dont un tiers sont des pélagiques), 150 tonnes de crustacés et 550 tonnes de coquillages ont été pêchées. La production est en stagnation ces dernières années.
Des ressources qui s’épuisent ?
Bien que les études fassent défaut, une tendance se dégage : les rendements diminuent. Le plateau continental de la Guadeloupe semble surexploité, ce qui entraîne une raréfaction de la ressource benthique. Tout effort qui peut être entrepris pour inverser cette tendance est annihilé par d’autres éléments (pollution non maîtrisée, destruction des écosystèmes, non-respect de la réglementation) qui ont, à long terme, un effet irréversible sur la faune et la flore maritimes et par conséquent, sur le mode de vie des populations. Le lambi par exemple est aujourd’hui une espèce menacée en Guadeloupe. Depuis une dizaine d’années, les Affaires Maritimes, l’Institut Régional de Pêche et de Marine (IRPM), l’Université des Antilles et de la Guyane, l’IFREMER et les professionnels de la pêche unissent leurs efforts pour la recherche de solutions durables quant au maintien de l’activité économique et de la ressource naturelle. Par ailleurs, il faut signaler la présence de 4 Réserves Naturelles marines et terrestres dans l’archipel : Saint-Martin, Saint-Barthélémy, îles de la Petite Terre, le Grand Cul-de-Sac Marin. Tous ces espaces font l’objet d’une réglementation spécifique en matière de pêche. Le classement d’espace maritime en Réserve Naturelle marine relève d’un long processus d’information et de négociation avec les utilisateurs de la zone qu’ils soient professionnels ou plaisanciers.
L’intervention du Parc national de la Guadeloupe se localise en zone périphérique ou en zone de transition de la Réserve de Biosphère. Les actions sont des mesures d’accompagnement telles que le financement de DCP, l’édition commune de brochures d’information ou de films à caractère pédagogique.