12. Faune
Les vertébrés
Des disparitions et des introductions
L’homme a contribué, volontairement ou non, à la disparition et à l’introduction d’espèces animales. La chasse abusive des premiers colons est à l’origine de la disparition de plusieurs espèces de perroquets endémiques et du Diablotin (Pterodroma hasitata). Plusieurs espèces introduites récemment se sont installées, avec des impacts divers sur la faune et la flore du Parc national : le racoon (Procyon minor miller), le crapaud buffle (Bufo marinus), la mangouste (Herpestes auropunctatus), la fourmi manioc (Acromyrmex octospinosus), l’achatine (Achatina fulica), le tilapia (Tilapia mossambica).
Les chauves-souris de Guadeloupe
«Grâce à leurs facultés de déplacement, les chauves-souris constituent l’ordre le mieux représenté dans les peuplements mammaliens insulaires. Les 12 espèces de chiroptères signalées jusqu’à présent en Guadeloupe représentent ainsi 80 % des mammifères indigènes. Les plus localisées sont évidemment les plus fragiles. La destruction et/ou la perturbation des individus peut être une cause de déclin d’autant plus importante que l’espèce n’est pas largement distribuée. Il en est ainsi de Sturnira thomasi, endémique de la forêt primaire de la Basse-Terre connue actuellement par 10 individus, fréquentant les strates forestières les plus basses, et de Chiroderma improvisum, espèce de canopée, signalée en Guadeloupe par 2 spécimens. Parmi ces espèces, 6 sont frugivores ou omnivores et jouent un rôle dans la dissémination des espèces végétales après avoir ingéré leurs graines. Parmi les chauves-souris insectivores, citons la Sérotine endémique de la Guadeloupe observée dans les milieux boisés, Eptesicus guadeloupensis et Myotis dominicensis, nouvelle espèce pour la Guadeloupe, découverte en 1990. Elle est endémique des Petites Antilles.»
Reptiles et amphibiens
«Par sa position à peu près aux deux tiers nord de l’arc antillais et par sa grande diversité de milieux due à une grande superficie et à l’altitude élevée, la Basse-Terre possède, avec Grenade, une des herpétofaunes les plus riches de toutes les Petites Antilles. La richesse de Grenade est due à sa proximité du continent sud-américain. En revanche, celle de la Basse-Terre provient surtout d’un endémisme important, des fois partagé avec la Dominique et parfois avec la Martinique et Sainte-Lucie.»
«Les lézards, appelés Anolis en Guadeloupe, nom d’origine caribéenne, sont les plus connus aux Antilles. Chaque île et presque chaque îlet des Antilles possèdent des populations d’anolis qui par leur morphologie et leur couleur se différencient les uns des autres. Les anolis ont une capacité plus ou moins importante à changer de couleur. Plusieurs causes déclenchent ces changements de couleurs : mimétisme avec le substrat, excitation (peur, agression, intimidation), température. D’une manière générale, l’effet de la température est supérieur à celui du substrat.»
Les hylodes sont des petites grenouilles dont la taille est de l’ordre de quelques centimètres, qui présentent en général des couleurs ternes et qui se font surtout remarquer par leur coassement puissant dès la nuit tombée ou par temps de pluie.
Les hylodes fréquentent une grande diversité d’habitats qu’ils ont pu coloniser par leur aptitude à pondre des œufs à terre dans des endroits humides. Actuellement, on reconnaît 4 espèces d’hylodes dans l’archipel Guadeloupéen dont 2 (hylode de Pinchon, hylode de Barlagne) n’habitent que la Basse-Terre alors que les 2 autres (hylode la Martinique, hylode de Johnstone) se trouvent aussi dans de nombreuses autres îles des Petites Antilles.
La biologie de l’hylode de Barlagne n’est pas connue, à l’exception de ses tendances aquatiques. Cette espèce endémique de Basse-Terre semble menacée malgré une aire de répartition assez importante (environ une vingtaine de stations avec des effectifs qui, à part de rares localités, ne semblent pas très importants).
Tout comme l’hylode de Barlagne, l’hylode de Pinchon de petite taille (22 mm) n’habite que la Basse-Terre où il est inféodé aux forêts humides et aux «savanes» d’altitude depuis 180 m d’altitude jusqu’au sommet de la Soufrière. Sur le volcan, il cohabite avec l’hylode de la Martinique et l’hylode de Barlagne.