Atlas du Parc National de Guadeloupe

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’archipel guadeloupéen fait partie du double arc des Petites Antilles, extrémité orientale de la plaque Caraïbe sous laquelle s’enfonce la croûte océanique atlantique. De cette situation, il résulte une intense activité volcanique qui se traduit par les édifices de l’arc interne auxquels appartiennent la Basse-Terre et son volcan récent et encore actif, la Soufrière.

 

6. Géologie

Histoire d’arcs et d’archipels

L’arc insulaire des Petites Antilles doit son existence à la subduction de la croûte océanique atlantique sous la plaque caraïbe. L’histoire géologique permet de distinguer en fait deux arcs, distincts au nord de la Dominique et accolés au sud. Vers l’Est, l’arc externe, dépourvu de volcan actif, est composé d’îles à soubassement volcanique et à recouvrement sédimentaire récent. La Grande-Terre, Marie-Galante, Saint-Martin et Saint-Barthélémy en font partie. Il a fonctionné de l’Eocène inférieur (-56 Millions d’Années) jusqu’à la fin de l’Oligocène inférieur (-28 M.A.). L’arc interne est actif du Miocène inférieur (-22 M.A.) jusqu’à nos jours. Il est constitué d’îles volcaniques, dont la Basse-Terre et les Saintes, où sont situés des volcans actifs ou récents. La Désirade quant à elle serait le témoin unique aux Petites Antilles d’un arc ancien, mésozoïque, recouvert par des calcaires pliocènes.

La Basse-Terre, jalon de l’arc interne.

À partir de l’apparition des premières terres émergées (vers -11 M.A.), 6 ensembles spatio-temporels ont donné à la Basse-Terre sa configuration actuelle. Le complexe de base (antérieur à -3,5 M.A.) affleure au nord-ouest. Le massif septentrional suit jusqu’à l’extrusion des dômes des Mamelles (vers -1 M.A.). Les produits de son érosion forment ensuite la plaine nord-orientale. La chaîne axiale s’édifie (entre -1,5 et -1,25 M.A.) pour former, entre les Mamelles et la Soufrière, l’armature de l’île avec des sommets supérieurs à 1000 m. Les Monts Caraïbes au sud se construisent (vers -0,5 M.A.) surtout à partir d’éruptions explosives sub-aquatiques. La chaîne de Bouillante se caractérise (à partir de -0,8 / -0,6 M.A.) par de petits volcans situés sur les flancs de la chaîne axiale. Enfin, le Massif Madeleine/Soufrière (entre -0,25 M.A. et -0,14 M.A. jusqu’à nos jours) représente le volcanisme récent et actuel.

Séismes et plaques tectoniques

La Guadeloupe fait partie de l’arc insulaire des Petites Antilles qui résulte de la subduction de la plaque Nord-Amérique sous la plaque Caraïbe, à une vitesse de 2 cm par an environ. Cette subduction engendre une sismicité régionale importante menaçant la population et les infrastructures de plusieurs îles (séismes profonds, 33 à 150 km, d’une magnitude maximale possible de 7 à 8). Elle est aussi à l’origine de la formation d’un chapelet d’îles volcaniques comprenant de nombreux volcans actifs, dont la Soufrière de Guadeloupe, sur l’île de la Basse-Terre. Les mouvements le long de failles affectant la plaque caraïbe sont aussi responsables de séismes de profondeur superficielle (moins de 33 km) en général de magnitude 5 à 7 et donc potentiellement très destructeurs (séismes de 1851, 1897). Depuis 1690, la Guadeloupe a subi au moins 11 séismes de magnitude supérieure à 5 et d’une intensité ressentie sur l’échelle internationale qui comporte 12 degrés, dont le séisme le plus meurtrier des Petites Antilles, le 8 février 1843 (magnitude 7 à 8, intensité IX), responsable pour la Guadeloupe d’environ 2000 victimes et de la destruction de Pointe-à-Pitre. Chaque année, l’Observatoire volcanologique enregistre en moyenne 1000séismes liés à la tectonique régionale, en grande majorité d’une magnitude inférieure à 5.

Un volcan bien vivant

Le Parc de la Guadeloupe est le seul Parc national français avec un volcan actif. Les dernières éruptions ayant une forte probabilité de récurrence, l’île peut en connaître une sur une échelle de temps humaine. L’activité du volcan se caractérise par :
- des essaims de séismes (magnitude < 2) en alternance avec des périodes sans sismicité;
- des émanations de vapeur acides et de gaz fumerolliens;
- des zones aux températures élevées (60 à 120°C), avec risques de projection d’eau en ébullition;
- des terrains instables suite à l’altération du milieu par les gaz et les eaux acides.
La construction du volcan composite de la Grande Découverte date de 200 000 ans.
- explosion plinienne cataclysmale (entre 100000 et 40000 ans) avec destruction partielle du volcan de la Grande Découverte, formation d’une caldéra de 3 à 5 km de diamètre;
- Construction du volcan composite Carmichaël à partir de 30000 ans dans la caldéra avec succession de coulées et de dômes de lave intercalés avec des dépôts pyroclastiques d’écroulement et d’explosion de dôme;
- Écroulement sectoriel du Carmichaël il y a 11500 ans, formation du cratère en fer à cheval ouvert vers l’ouest;
- Écroulement sectoriel du Carmichaël il y a 3100 ans, formation du cratère Amic en fer à cheval ouvert vers le sud, accompagnée d’une explosion qui détruira une zone de 100 km2;
- Construction des dômes Amic et Soufrière (1440) dans le cratère d’écroulement, mise en place de coulées pyroclastiques.


Voir Aussi ...

         Une topographie accidentée


Liens ...

         BRGM Guadeloupe-Les risques naturels en Guadeloupe
         Bureau de Recherches Géologiques et Minières de Guadeloupe (BRGM)
         Observatoire Volcanologique de la Soufrière
         Prévention des Risques Majeurs
         Université Antilles/Guyane-Laboratoire de Géologie

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