13. La flore Une
parure colorée pour les paysages
Les inventaires botaniques réalisés de 1965 à 1997 par des botanistes et les agents
du Parc national ont permis de dénombrer 1800 espèces; 360 espèces et sous-espèces ont
une forte valeur patrimoniale; 146 sont protégées par une réglementation et 216 sont
répertoriées sur les listes rouges de la flore rare et menacée. Les habitats les plus
riches en espèces rares sont les prairies et les pelouses (19%), les marais et les
tourbières (18%), les éboulis et les moraines (17%).
Originalité et diversité de la flore
Le découpage en secteurs phyto-écologiques hiérarchisés est un moyen d'étude et de
comparaison des paysages végétaux et de leur composition floristique. Les conditions
favorables pour une grande diversité de la flore trouvent en partie leurs causes dans la
zonation biogéographique d'ouest en est, des Alpes externes aux Alpes internes, et dans
l'amplitude des altitudes. Le nombre d'espèces reste élevé jusqu'à 2000m puis
décroît dans les habitats supraforestiers. Il devient très réduit au dessus de 3000 m.
Les espèces cosmopolites et eurasiatiques sont présentes sur le territoire des Écrins,
mais particulièrement dominantes en forêt (Lys martagon, Sabot de Vénus) et dans les
zones humides. Les méditerranéennes, comme l'Arbre à perruque et l'Aristoloche
pistoloche, se propagent par les vallées. La Durance est un axe de pénétration de la
flore méditerranéenne vers l'intérieur du massif. La flore dite steppique est surtout
répandue d'Embrun à l'Argentière-la-Bessée, (Astragale queue de Renard, Pulsatille des
montagnes). Les plantes de montagne forment le groupe le plus caractéristique du Parc
national. Les méditerranéo-montagnardes (Astragale aristé) sont plus abondantes sur les
versants sud. Les endémiques des Alpes occidentales, sont représentées par quelques
espèces (Bérardie laineuse, Potentille du Dauphiné). Les orophytes, espèces
inféodées à la montagne, constituent un groupe important (Edelweiss, Campanule en
thyrse). Les arctico-alpines se sont développées en plaine pendant la dernière
glaciation puis ont trouvé refuge dans la zone arctique et dans les Alpes lors du
réchauffement postglaciaire des dix derniers millénaires: Silène acaule, Dryade à huit
pétales, Saule herbacé.
L'inventaire des milieux : DELPHINE
La description et la cartographie des milieux au 1:25000 ont été réalisées de 1992
à 1998, en utilisant une méthode adaptée à la montagne. Cet inventaire met en relation
la végétation et l'utilisation de l'espace par l'homme. Il ouvre des possibilités
d'études de scénarios d'évolution des milieux et des paysages. Il donne des
informations utiles pour leur gestion.
Le Conservatoire botanique national alpin
C'est de la volonté conjointe de quatre partenaires, le Parc national des Écrins, le
Parc national de Port-Cros, la Ville de Gap et le Département des Hautes-Alpes qu'a été
créé, en 1991, le syndicat mixte de gestion du Conservatoire botanique. La mission de
cet établissement à caractère scientifique et technique est de conserver la flore
sauvage des départements alpins, si possible in situ. Pour cela, il s'appuie sur un fonds
documentaire qu'il complète par des inventaires de terrain. L'information est organisée
dans une base de données floristiques et cartographiques des habitats. Il met en culture
ex situ les plantes menacées pour renforcer ultérieurement les populations dans leur
milieu d'origine. Il entretient des collections d'arbres fruitiers et de roses sauvages et
anciennes. Il développe des actions internationales et participe à la formation de
stagiaires et de professionnels. Le ministère chargé de l'environnement lui confie le
rôle d'expert sur la connaissance et la gestion de la biodiversité végétale pour le
compte de l'administration et des espaces protégés. Il présente ses collections et ses
actions au public en collaboration avec la ville de Gap et le Parc national, à Charance.
La station alpine du Lautaret
Elle associe le jardin alpin et le chalet laboratoire du Lautaret dans des missions
complémentaires. Le jardin alpin, créé par l'université de Grenoble en 1899, présente
2500 espèces de plantes alpines issues des cinq continents, sur 2ha de jardin paysager.
Un laboratoire de biologie végétale de l'université J. Fourier accueille des chercheurs
français et étrangers pour étudier les plantes dans des conditions extrêmes, les bases
génétiques de la conservation des espèces rares et l'écologie des pelouses d'altitude.