12. La Faune
La connaissance de la faune
Dès 1976, les agents du Parc national ont entamé un inventaire de la faune. Pour
faciliter et organiser la collecte des données, une fiche d'observation "Faune
vertébrés" a été mise au point, avec l'aide du Comité scientifique du Parc
national. Elle permet de noter les observations de mammifères, de poissons, d'oiseaux, de
reptiles et d'amphibiens. Les observations sont intégrées dans une base de données et
peuvent être cartographiées. En 1999, on compte plus de 85000 fiches d'observations pour
343 espèces de vertébrés, dont 56 concernées par les directives européennes Habitats
et Oiseaux. On distingue 68 espèces de mammifères, 231 espèces d'oiseaux dont 135
nicheurs, 13 espèces de reptiles, 10 espèces d'amphibiens et 21 espèces de poissons.
Ces données servent de support aux deux tomes de l'atlas de la "Faune sauvage des
Alpes du Haut-Dauphiné" et sont intégrées aux inventaires nationaux ou régionaux.
Le Suivi Ornithologique en Continu (SOC)
Les SOC, outils de surveillance de l'évolution des populations d'oiseaux, permettent
de noter l'apparition, la disparition d'espèces au fil de l'année et sur plusieurs
années. Quatre statuts biologiques sont considérés: les sédentaires (Pinson des
arbres, Troglodyte mignon
), les hivernants (Pinson du Nord, Grosbec
casse-noyaux
), les migrateurs nicheurs (Hirondelle rustique, Rossignol
philomèle
) et les oiseaux de passage (Gobemouche noir, Cigogne blanche
). Les
points d'écoute sont représentatifs des différents milieux identifiés entre 730 et
1980m d'altitude.
Le retour de la grande faune
Le Lynx d'Europe, issu des populations réintroduites en Suisse et
dans les Vosges, a recolonisé une partie des massifs forestiers alpins. Actuellement, sa
présence est certaine dans la partie nord-ouest du Parc national. Le Loup est observé
depuis 1992 en France. Son retour naturel depuis l'Italie s'est effectué via les Alpes du
Sud vers le nord, le long de l'arc alpin. Des indices de présence ont été relevés dans
le Parc national et sa région. Un programme mis en place par l'Europe et le ministère de
l'Environnement, géré par l'Office national de la Chasse (ONC) et coordonné par les
Directions départementales de l'Agriculture et de la Forêt (DDAF) organise le suivi de
l'espèce, aide à la mise en place de mesures préventives et permet d'indemniser les
dommages causés aux troupeaux domestiques sur l'ensemble du territoire colonisé. Les
agents du Parc national font partie des réseaux d'observateurs mis en place sur l'arc
alpin. Ils signalent systématiquement les contacts avec les vautours fauves
lâchés dans les Grands Causses et les Baronnies et les gypaètes barbus
lâchés dans les Alpes. Les gypaètes barbus sont principalement observés dans le
Valbonnais et l'Oisans.
Les chauves-souris
Les observations des agents du Parc national et les études conduites de 1991 à 1994
permettent de connaître les espèces présentes. Dix-sept espèces ont été contactées
dont 4 inscrites à la directive Habitats: Barbastelle, Grand Murin, Grand et Petit
Rhinolophes. 70% des observations concernent la Pipistrelle commune, le Vespertilion de
Natterer, la Sérotine commune et les Oreillards gris et roux. La Sérotine de Nilsson,
espèce alpine, a été détectée pour la première fois en 1992 dans la Vallouise et le
Valgaudemar et en 1994 dans l'Oisans.
Les rapaces
On dénombre 18 espèces de rapaces diurnes et 9 espèces de nocturnes. Parmi toutes
celles-ci, le Faucon pèlerin et le Grand-duc d'Europe nichent dans les falaises,
principalement en zone périphérique du Parc national. La présence de la Chouette de
Tengmalm est liée à l'existence de cavités généralement creusées dans les troncs par
le Pic noir.
L'Aigle royal
Depuis 1981, les dénombrements successifs font état d'une population relativement
stable. Elle était composée de 38 couples territoriaux en 1999. Le territoire de chaque
couple est d'environ 70km². Cent-quatre-vingt-trois aires ou nids sont connus à ce jour,
la majorité est située dans les parties élevées des falaises, entre 1600 et 2000 m
d'altitude (75%). Les aiglons s'envolent fin juillet. L'émergence de nouvelles pratiques
sportives (parapente, escalade), les chantiers de montagne ou la chasse photographique
peuvent perturber l'espèce, notamment en période de reproduction (mars à juillet).
L'occupation territoriale par les couples d'aigles royaux est aujourd'hui considérée
comme optimale.