Atlas du Parc National des Ecrins

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le territoire des Écrins se présente comme une coupole de gneiss et de granites issus de l'édification d'une chaîne de montagnes paléozoïque. Soulevé par le plissement alpin à la fin de l'ère Tertiaire, il est entouré de terrains sédimentaires qui ont pour partie constitué sa couverture ou ont été charriés depuis leur zone de dépôt située en bordure de l'océan alpin. e06-01v.gif (21042 octets)
6. La géologie

Une histoire vieille d'au moins trois générations de montagnes

Le cœur du territoire des Écrins est constitué, comme les massifs du Taillefer et de Belledonne qui le jouxtent, de roches dites " cristallines " : gneiss et amphibolites (roches vertes) fortement déformés au cours des métamorphismes paléozoïques ; granites datés de 320 à 345millions d'années qui les recoupent. C'est sur ce " socle " ancien, aplani à la fin de l'ère Primaire, que se sont déposés, dans des plaines parsemées de lacs et de rivières, des vases et des grès riches en débris végétaux qui se sont transformés en charbon. Ce charbon a été exploité de façon artisanale ou industrielle jusque très récemment, en particulier à La Mure et dans le Briançonnais.

Des montagnes nées de la mer

Le "cycle alpin" débute au Trias sous un climat chaud et aride. Des sédiments se déposent alors dans une mer peu profonde. Ils forment des gypses et des dolomies. Le volcanisme, lié au fonctionnement de grandes failles d'extension, survient en même temps que la sédimentation. Il marque les prémices de l'ouverture de l'océan alpin (ou Téthys -Ligure), qui se développe à l'est au Jurassique.
À partir du Lias, les failles découpent le socle en blocs plus ou moins abaissés et basculés. D'épaisses séries de calcaires ou de marnes se déposent dans des bassins marins, alors que sur les hauts-fonds, les dépôts sont réduits ou absents. Vers le milieu du Crétacé, l'océan alpin commence à se refermer. La mer submerge encore une grande partie de la région. Loin vers l'est, au Sénonien, la croûte océanique est écaillée. Elle est recouverte d'une épaisse série rythmée de calcaire argileux alternant avec des niveaux gréseux (le flysch) qui donnent aux montagnes un aspect rubané. Les lits calcaires conservent les traces de vers dans ce "flysch à Helminthoïdes". Dans le bassin du domaine dauphinois, des vases calcaires se déposent et subissent des déformations liées à un raccourcissement nord-sud (1 - voir schéma des principales unités structurales).

Pendant l'Éocène, des calcaires littoraux se déposent dans le Dévoluy et le Pays des Arves. Un bassin se forme en réponse à la surcharge créée par les empilements d'écailles qui se rapprochent. Des séries de flysch, comme celle des Aiguilles d'Arves, et les grès du Champsaur s'y déposent. Une première nappe de flysch à Helminthoïdes d'âge Crétacé (2) glisse dans ce bassin par gravité. À l'Éocène supérieur - Oligocène, des plissements et des charriages successifs affectent toute la zone et chassent la mer : le socle est écaillé, la zone briançonnaise chevauche la zone dauphinoise (3) et une seconde nappe de flysch à Helminthoïdes arrive (4). Des bassins situés en avant des fronts de chevauchement recueillent encore des produits d'érosion, comme les grès du Dévoluy.

Enfin, au Miocène le socle cristallin se soulève. Les Alpes atteignent leurs altitudes et positions actuelles. Depuis, les glaciations quaternaires ont modelé les reliefs. De nos jours, des séismes secouent les Alpes par intermittence. Ils correspondent, dans le Briançonnais, à des mouvements d'extension et de coulissement le long de grandes failles et marquent un début d'effondrement de cette partie de la chaîne alpine (5).

Centres de documentation : CCSTI à l'Argentière-la-Bessée, musée et centre de géologie alpine du Haut Dauphiné à Bourg d'Oisans, Parc national des Écrins à Gap.

L'homme et le minéral

De tous temps, l'homme s'est servi du minéral pour se loger, se chauffer, fabriquer ses outils et ses monnaies. En témoignent les innombrables traces d'exploitation artisanale ou industrielle encore visibles : carrières de pierres de taille, d'ardoises, de calcaire à chaux ou à ciment, de gypse pour le plâtre, mines de charbon, de graphite, de plomb, d'argent, de zinc, de cuivre, d'or, filons de "cristaux". Plus de 90sites présentent des vestiges importants et évoquent cette histoire dans le Parc national des Écrins. En étudiant les anciennes mines d'argent de l'Argentière-la-Bessée, les archéologues ont reconnu des techniques d'exploitation utilisées au Moyen Âge. Ces vestiges sont parfois les seuls indices d'un riche passé de vie commune entre l'homme et la montagne. Depuis, l'homme s'est fait naturaliste puis géologue pour essayer de comprendre l'origine des cimes qui le dominent. Par l'omniprésence du minéral, les montagnes constituent autant de "pierres de Rosette" pour traduire leur histoire. Il est donc parfois utile de préserver certains sites afin de conserver intacte cette mémoire de pierre.


Voir Aussi ...

         Une variété infinie de situations topographiques
         L'érosion glaciaire
         Les outils pédagogiques
         Carte géologique simplifiée du Parc national des Écrins


Liens ...

         Bureau de recherches géologiques et minières
         Réseau sismologique des Alpes
         Zonage sismique de la France

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