Atlas du Parc National des Ecrins

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les paysages actuels ont été façonnés par les glaciers du quaternaire qui ont raboté les cols et ouvert de larges vallées. Les roches ont été polies, les vallées creusées. Aujourd'hui, le vent, le gel et le dégel, l'eau, la pente constituent les principaux facteurs d'érosion. L'eau sous ses formes diverses, liquide et solide, demeure le principal élément érosif. e05-01v.gif (13095 octets)
 

5. Le relief, les pentes et les expositions

Une variété infinie de situations topographiques

Le territoire des Écrins s'organise autour de hauts sommets:Meije, Écrins, Pelvoux, Bans, Olan, Sirac. Certains versants s'étendent sur plus de 2000m de dénivelé. De longues et profondes vallées convergent vers le cœur du massif cristallin. Au nord et surtout au sud, le relief est moins accidenté. Les montagnes sédimentaires dominent des vallées plus larges et possèdent de vastes replats qui permettent une plus grande extension des alpages. Les cols facilitent les échanges entre les vallées. Aujourd'hui, les cols les plus commodes d'accès et les plus faciles à équiper sont utilisés, notamment pour les franchissements routiers : cols Bayard, d'Ornon et du Lautaret.

L'utilisation du relief par l'homme

L'homme a su s'adapter aux exigences imposées par le milieu naturel. Les maisons sont construites à l'abri des couloirs d'avalanche, hors des zones inondables et des fonds de vallées mal exposés et trop fréquemment balayés par les crues. Les villages permanents sont aménagés à proximité des terres les plus fertiles. Traditionnellement, en fonction des saisons et des ressources naturelles offertes par la montagne, le bétail et une partie des hommes se déplacent. Dès que l'herbe est suffisante, ils gagnent les alpages.

Les pentes et la position du massif par rapport au soleil jouent un rôle déterminant. Les écarts de température et d'ensoleillement entre les versants sont très nets. Les adrets, plus chauds, plus tôt déneigés, sont cultivés et habités. Ils ont longtemps constitué la zone la plus riche, liée aux activités humaines. Les ubacs conservent une humidité, une fraîcheur et un ombrage propices aux forêts et aux prairies de fauche. Des villages ou des cultures sont situés seulement sur les replats les mieux exposés.

Les pentes les plus faibles sont cultivées. Le Champsaur et l'Embrunais restent toujours les principales régions agricoles. Ailleurs, l'escarpement des versants rend l'érosion plus active : elle entraîne les terres arables et les matériaux vers le bas. Pour rompre cette déclivité et conquérir de nouveaux espaces cultivables, les hommes ont construit terrasses, canaux et ouvrages de soutènement. Les versants trop raides pour être cultivés étaient utilisés comme pâturages et prés de fauche.

Les caractéristiques du relief sont aussi exploitées pour amener l'eau, le bois, le foin dans les vallées. Ce n'est que récemment que l'alpinisme et les sports d'hiver ont transformé les parois verticales, les pentes raides et enneigées et les versants exposés au nord, en facteur de développement économique. Dans les années 60, les stations de ski ont été créées de préférence en ubac où la neige subsiste plus longtemps et reste de meilleure qualité. Aujourd'hui, les surfaces agricoles d'altitude sont progressivement abandonnées. Les fonds de vallées plus plats sont mieux adaptés à la mécanisation.

Un refuge de la diversité biologique

Une élévation de 100 m en altitude équivaut à un déplacement en latitude de 100 km vers le nord. Certaines espèces du nord de l'Europe deviennent montagnardes dans les Alpes. Ainsi le Cassenoix moucheté vit dans les forêts de conifères, aux étages montagnards et subalpins des massifs montagneux et dans les plaines du nord de l'Europe. Le relief est une zone de quiétude. D'abord lieux de refuge en cas de danger, les parois rocheuses et les pentes sont devenues les lieux de vie permanents pour les chamois, les aigles royaux et les hiboux grand-ducs.

Au cours d'une année, les espèces utilisent le relief, les pentes et les expositions pour trouver les conditions de vie les plus favorables à leur développement. Ainsi en hiver, les tétras lyres recherchent les pentes moyennes bien enneigées où ils creusent des cavités qui les protègent du froid. Au printemps, ils rejoignent des sites de parade situés sur des épaulements bien dégagés. Les bouquetins des Alpes vivent dans les barres et les falaises. En hiver, ils préfèrent les milieux rapidement déneigés où la nourriture est plus abondante et plus facile à trouver. Ils se déplacent sur les versants raides et ensoleillés. Au printemps, ils descendent dans la vallée où la repousse de la végétation a commencé. Lors de la mise bas, les femelles se retirent dans les endroits les plus escarpés. Mâles et femelles passent l'été sur les parties les plus élevées de leur habitat, dans les barres et les vires rocheuses.


Voir Aussi ...

         Un "coeur cristallin" entouré d'une couverture sédimentaire
         Les bouquetins des Alpes
         Les exploitations et l'utilisation du territoire
         Les expositions par classes d'altitude

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