9. Le
boisement Une gestion écologique pour la
forêt de montagne
Les forêts de montagne protègent le sol contre l'érosion et régularisent le cycle
de l'eau. Elles modèrent le climat. Elles sont productrices de bois d'uvre et de
bois de chauffage mais les fortes pentes accentuent les difficultés de leur exploitation.
Elles procurent des loisirs et invitent à la découverte de la nature. L'importance de
leur rôle de conservation de la diversité biologique est reconnu.
L'inventaire permanent des forêts
L'Inventaire forestier national est chargé de mesurer l'évolution des ressources
forestières de la forêt française. Les forêts sont analysées selon une périodicité
de 10 ans. Toutes l'ont été deux fois ; le troisième cycle est en cours. C'est
l'interprétation de photos aériennes, prises en 1993, qui a permis d'élaborer la carte
des types de peuplement forestier. L'état de la forêt est étudié, par tirage de points
de sondage, dans des placettes de 2000m2. Des atlas forestiers et un site internet donnent
une estimation de la ressource en bois et exposent les données écologiques et
floristiques les plus importantes recueillies au cours des cycles d'inventaire.
Les peuplements des forêts de montagne
Les forêts occupent une partie des étages montagnard et subalpin, surtout les ubacs.
L'extension forestière est limitée par la topographie, à cause de l'abondance de barres
rocheuses, et par les phénomènes naturels, comme les avalanches et les chutes de
pierres. Les déboisements liés au pastoralisme, puis la reconquête forestière actuelle
des pâturages d'intersaison et les plantations pour des raisons de protection des sols
ont modifié la répartition des forêts en zone centrale ; l'espace boisé très réduit
(3575ha), ne représente que 4% environ de cette zone. Il est plus étendu en zone
périphérique. Les types de peuplements sont définis par les essences et par le stade de
développement des arbres, dont dépendent les mesures sylvicoles. Les forêts de montagne
sont surtout composées de conifères. Au nord et à l'ouest, la présence d'épicéas
témoigne des influences septentrionales. À l'ouest, l'humidité estivale favorise les
hêtres et les sapins. Au sud, les pins sylvestres dominent dans les adrets. À l'est, les
mélèzes s'accommodent du climat continental de montagne. La diversité des espèces
ligneuses est importante : 60 espèces d'arbres (Bouleaux, Châtaignier, Chênes,
Érables, Frêne, If, Merisier, Pins, Sorbiers, Tilleuls, Tremble, etc.) et 82 espèces
d'arbustes (Aulnes, Argousier, Cytises, Genévriers, Nerpruns, Noisetier, Saules, etc.).
Le territoire du Parc national est concerné par 6 régions forestières, parmi 309 en
France. La région forestière répond à la nécessité de collecter des informations sur
des unités homogènes qui abritent des types de forêts comparables.
Les forêts appartiennent à l'État, aux collectivités territoriales et à des
personnes privées. Les terrains domaniaux (21500ha en zone centrale, dont 665ha sont
boisés) appartiennent à l'État et sont gérés par l'Office national des Forêts. Ce
sont avant tout des forêts de protection. Les terrains communaux représentent 68460ha en
zone centrale ; 3200ha sont soumis au régime forestier (dont 2507ha boisés) et sont
gérés par l'ONF. Les terrains privés représentent 1840ha en zone centrale, dont 403ha
de forêt privée. Les forêts privées de plus de 25ha ont l'obligation d'avoir un plan
simple de gestion. C'est le cas de la forêt privée du Rabioux (49ha).
Gérer le patrimoine forestier
La gestion des forêts bénéficiant du régime forestier est assurée par l'ONF,
établissement public placé sous la tutelle des ministères de l'agriculture et de
l'environnement. En outre, il assume des missions d'intérêt général, telles que
l'accueil du public en forêt domaniale, la restauration des terrains en montagne, la
participation à la surveillance de la santé des forêts. Une quarantaine d'agents de
l'ONF sont affectés sur le territoire du Parc national. L'ONF et le Parc national se sont
engagés, par une convention de partenariat, dans une gestion patrimoniale des forêts de
la zone centrale et de la zone périphérique. La révision des aménagements forestiers,
documents de référence pour la gestion sur une période d'environ vingt ans, est une
phase privilégiée de concertation qui requiert l'avis de l'établissement public du Parc
national. En raison du rôle protecteur des forêts et de la sensibilité des sols à
l'érosion, le traitement en futaie jardinée ou en futaie irrégulière est le seul
préconisé sur le territoire du Parc national. La gestion forestière prend en compte la
diversité biologique selon une politique nationale définie en 1993.